« Je rentre à pied. Sur le pont Alexandre III, je ne regarde pas la Seine mais les lumières de Paris. Je me saoule aux ampoules. Quand j’étais petit, je demandais à ma mère de m’emmener voir « les lumières ». On prenait la voiture et on roulait dans la ville. Augustin aussi aime se perdre dans la nuit et les néons. Il aime voir les monuments s’éteindre à un moment. Comme moi, il ressent cette force d’avoir combattu la nuit. Je l’appelle. Il ne répond pas. Peut-être que je devrais m’inquiéter. Je devrais me dire que je ne travaille pas et que je ne parle plus à ma mère. Non. Les lumières. Toujours. Celles qui ont le pouvoir de m’aveugler encore. Parfois, je jette un regard rapide à l’onde, trop rapide pour y voir quoique ce soit. Quelqu’un pourrait se noyer là, maintenant, je ne le verrais pas. Ébloui. J’arrive à me sentir bien. Nos vies sont brumeuses et le jeu c’est de les regarder telles quelles. Il y a un peu de vent ce soir et, comme j’ai froid, je repars vers les réverbères du boulevard Saint-Germain. Je vais encore me cacher dans la lumière. »
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